Rencontre avec Olivier Belleil

Rencontre avec Olivier Belleil

Olivier Belleil est l’auteur des commentaires audios de l’Évangile que vous pouvez écouter chaque jour dans l’application youPRAY. Découvrez aujourd’hui son interview-témoignage plein d’humour !

Rencontre avec Olivier Belleil

youPRAY : Qui est Olivier Belleil ?
Olivier Belleil : Je suis marié, père de sept enfants (dont deux sont décédées), et grand-père de huit petits-enfants. Je remercie le Seigneur pour cette belle vocation du mariage chrétien. Mon épouse et moi sommes membres de la Communauté du Verbe de Vie depuis 31 ans. Cette appartenance communautaire nous aide à vivre concrètement notre amour de l’Église.

Comment en êtes-vous arrivé à écrire des commentaires de l’Évangile alors que vous êtes père de famille ?
J’ai redécouvert ma foi chrétienne à l’âge de 17 ans. C’est à cette époque que j’ai reçu un beau cadeau : l’amour passionné de la Parole de Dieu. J’ai lu toute la Bible… dans l’émerveillement ! Je découvrais qui est Dieu, qui est l’homme, quel est le sens de la vie. J’avais une Bible sur moi que je lisais sans cesse, entre deux cours, au café en attendant un ami, en faisant du stop. Cette passion ne m’a pas quitté depuis. Au contraire, elle a grandi. Des proches se moquent de moi en disant que je suis un « obsédé textuel » ! J’assume. Plus tard j’ai fait un master de théologie biblique.

Quelle est la place de la Bible dans votre vie ?
Elle éclaire ma foi, nourrit ma prière, donne sens à ma vie de tous les jours. Au-delà des textes bibliques, c’est Jésus Parole de Dieu que je rencontre. Toute la Bible, Ancien et Nouveau Testament, me parle et me conduit à Jésus. Quand nous nous sommes rencontrés, Marie et moi, nous étions très amoureux (nous le sommes toujours !) et quand nous étions séparés un certain temps, nous nous écrivions. Elle m’écrivait des lettres que je gardais avec moi et que je relisais dans la journée. Cela me mettait le cœur en joie. Avec la Bible, c’est pareil ! Le Bien-Aimé, nous envoie plein de beaux messages d’amour qui réjouissent le cœur. Je ne sais pas comment Il fait, mais cela tombe toujours juste.

Comment et pourquoi êtes-vous entrés dans la Communauté du Verbe de Vie ?
Nous étions mariés depuis 10 ans, avions 4 jeunes enfants et étions bien engagés dans l’Église. Je travaillais depuis sept ans à l’Association des Paralysés de France (APF). Pourtant, nous aspirions à un « plus » dans notre engagement au service du Seigneur et de son Église. A travers des rencontres — Dieu nous parle souvent à travers les évènements de notre vie — , nous avons connu la communauté du Verbe de Vie et avons souhaité y faire une année sabbatique de formation. Après cette année, nous avons discerné un appel à nous y engager. Nous aimions l’Église, la Liturgie, la vie fraternelle, la mission pour faire connaître et aimer Jésus, et nous retrouvions ces fondamentaux dans la Communauté. Le Verbe de Vie, c’est un beau nom ! Nous mettre à l’école de Celui qui est la Parole qui donne la Vie.

Vous avez été le modérateur général de cette communauté de 2003 à 2013, en quoi cela consiste-t-il et qu’avez-vous appris de cette mission ?
Modérateur ou « responsable général » signifie assurer la communion, l’animation, la gestion, et la représentation de la Communauté. Cela a été une expérience à la fois belle et exigeante, parfois douloureuse. Comme dans le Rosaire, les mystères joyeux, douloureux, lumineux sont entremêlés. Pour les glorieux, il faut attendre le Ciel ! Parmi les enseignements importants que j’ai appris, j’en retiendrais trois : 1) L’amour et l’obéissance à l’Église du Christ ; 2) L’urgence de l’évangélisation pour notre monde ; 3) La conscience de mes faiblesses et de mes incapacités, et le « devoir » de compter sur l’aide de l’Esprit Saint et de mes frères pour faire le travail, malgré les difficultés rencontrées.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur les livres que vous avez écrits ?
Cela fait maintenant une douzaine de livres. En général, j’écris quelque chose à partir d’un questionnement personnel ou que je perçois autour de moi. Après des années de missions sur le terrain (groupes de prière, paroisses, mouvements d’Église), la Communauté m’a proposé de mettre par écrit un parcours de préparation à l’effusion de l’Esprit. Cela a donné le livre Viens Esprit Saint. L’année au cours de laquelle j’ai perdu à la fois une de nos filles et mon père, j’étais travaillé par la question de la paternité, qu’elle soit divine ou humaine. Cela a donné le livre Être Père selon la Bible. Dans le climat de déprime ambiante, j’ai eu à cœur d’écrire sur l’espérance (Espère et prends courage) ; dans le climat de vulgarité à l’égard de la sexualité, il m’a semblé important d’en présenter la beauté, dans une perspective biblique et eucharistique (La relation conjugale). Pour aider les couples à comprendre le message de l’Église sur tous les aspects de la famille, nous avons écrit, mon épouse et moi, un guide de lecture de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia du pape François [1]. La plupart de ces livres sont édités aux éditions des Béatitudes (EDB). Dernièrement, l’édition dominicaine Domuni/Press, a publié mon mémoire de master de théologie sur les Actes des Apôtres [2].

Vous avez été enseignant en philosophie, quel impact la philosophie et l’enseignement ont-ils eu sur votre vie ?
Un impact en cascades de joies :
– Joie de travailler intellectuellement, d’étudier, pour rechercher la Sagesse, la Vérité, le sens de la vie. Cette année, il n’y a pas d’âge, j’entame un doctorat de théologie sur la Parole de Dieu chez Madeleine Delbrêl. Que du bonheur !
– Joie de faire dialoguer l’Évangile du Christ et les courants de pensée de notre temps, de concilier la Foi et la raison. Nous avons tout à gagner dans cette démarche, car la doctrine de l’Église est « la splendeur de la Vérité ».
– Joie enfin d’enseigner, de communiquer à d’autres ce que j’ai découvert. J’aime beaucoup la prédication, pour donner la « nourriture de base » (les fondamentaux de la foi), ou celle plus solide, d’un approfondissement (catéchèse pour adultes, session d’anthropologie…). La transmission et l’intelligence de la foi sont des enjeux majeurs de notre temps.

Quelle est la place de votre femme et celle de vos enfants dans votre ministère ?
Après 41 années de mariage, je me rends de plus en plus compte du cadeau inestimable que représente mon épouse. Elle m’aide à être plus concret quand je pars dans des « envolées intellos », à parler un langage plus accessible quand je m’exprime de manière trop « ecclésiastique », en un mot, à être plus incarné. Au-delà du ministère proprement dit, elle est toujours mon aide et mon soutien. Pour le dire avec les mots de Jacques Maritain, elle est « ma meilleure amie ». En bref, « je kiffe trop ma meuf ». Pour les enfants, c’est pareil. Ils m’aident à être davantage en prise avec les questions actuelles de notre temps. C’est vrai qu’ils nous stimulent pour ne pas nous enfermer dans « l’entre-soi » catholique.

Pour finir, un fioretti ?
Il y a 10 ans, nous sortions du cinéma avec notre fils Thomas, 13 ans, grand amateur de Harry Potter. Il estimait que le film n’était pas fidèle à tel passage du livre. J’essayai de lui dire : « Ce n’est pas très grave », mais il me répondit : « Comme tu n’as pas lu le livre, tu ne peux pas juger ! Ça ne te ferait pas de mal de lire Harry Potter et le Seigneur des Anneaux, des livres qui nous plaisent à nous, les jeunes ! ». Dans le genre provocation, je lui répondis du tac au tac : « Je les lirai en entier, tous les tomes, quand toi, tu liras toute la Bible ». Quelle ne fût pas ma surprise d’entendre « Chiche ! » En une année, il a tout lu ! J’ai vérifié, comme lui aussi il a vérifié, en me faisant passer un examen de connaissance sur Tolkien et Harry Potter ! Ce me fût d’ailleurs très utile pour les enseignements aux jeunes. L’histoire ne s’arrête pas là ! Après sa première lecture, Thomas a continué encore et encore, tous les ans ! Pas étonnant qu’il soit, aujourd’hui à 23 ans, un passionné d’évangélisation ! Soupir de ma femme : « Encore pire que son père ! »


[1] Comment recevoir la joie de l’amour, EDB, 2017

[2] Résolution des conflits dans l’Église primitive, Domuni/Press, 2018

Merci à Olivier Belleil d’avoir pris le temps de répondre à nos questions ! Vous pouvez chaque jour écouter son commentaire audio de l’Évangile dans l’application youPRAY.